« Je suis the RP monomaniaque, on s’appelle, on s’email, on dej, mais pas avant le mois prochain…On apprend la patience » (14)
Je commence à travailler mon carnet d’adresses : des centaines et des
centaines d’envois de CV, de demandes de rendez-vous (parfois j’ai eu de très bonnes surprises)
J’ai réussi à rencontrer des directeurs de programmes de grandes chaînes pour leur demander des conseils.
Alors, il faut savoir que si vous souhaitez rentrer dans l’une des grandes chaînes Françaises, on vous répondra très souvent que le recrutement se fait en promotion interne et quand vous êtes en
interne on vous parle de l’ouverture du recrutement.
J’ai aussi rencontré des DRH.Alors les DHR dans notre merveilleux secteur ce sont des rencontres inoubliables. Enfin, pour ma part.
Je me souviens d’un entretien en particulier dans l’une des plus grandes chaînes du PAF.
Je raconte mon parcours, la jeune fille de 5 ans ma cadette prend des notes, me sourit et me demande : « PAD ça veut dire quoi ? »
Et là, les bras m’en sont tombés.
Petite parenthèse pour ceux qui ne connaissent pas notre langue :
Un PAD : c’est un Programme ou (prêt) A Diffuser.
Le BA-B-A dans notre métier.
Alors, imaginez ma tête devant la question de cette jeune fille.
Entre mes rendez-vous (parfois plusieurs dans la même journée) : en moyenne depuis que j’ai commencé dans ce métier : 5 voire 6 par mois.

Je monte un blog audiovisuel pour optimiser ma visibilité.
Je dépense de l’argent en envois de candidatures spontanées et réponds à des offres d’emploi spécialisées, je réalise un super CV sur du super papier et bien sûr le budget cafés-restos quand je
décroche un rendez-vous.
Et oui, un chômeur ne chôme pas, c’est une vraie PME.
Alors, la plénitude n’existe pas pour moi.

Lorsque l’on me répond que je n’ai pas de compétence en commerce ou en communication : je rigole : un intermittent du spectacle passe son temps à se vendre et à faire parler de ce qu’il fait.
Le recruteur classique part en quête de :
o Du mouton à 5 pattes
o La personne au même poste chez le concurrent (à en voir les annonces)
La petite phrase que j’adore :
«On vous signale que sur les 4 pages de votre CV, il manque le truc que vous n’avez pas fait .C’est dommage ». ça c’est juste pour vous culpabiliser.
Il faut être polyvalent, pourquoi ?
Officiellement pour répondre à toute demande
Officieusement, vous faites le boulot de 3 personnes en 1.
Mieux qu’un champoing !
Alors, on se forme, on se perfectionne, on court chez notre maman de la formation « L’AFDAS » pour sans cesse se former.
Et quand vous vous êtes bien formés, on vous répond :
« Avec votre profil, c’est difficile, vous savez faire plein de choses et en même on se demande ce que vous voulez faire »
ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR

La remise en cause est perpétuelle :
o Est ce que c’est moi ?
o Est ce que je suis mauvaise ?
o On me demande d’être polyvalente ?
o Ensuite on me dit que je suis trop qualifiée, trop jeune, qu’il me manque le petit truc que je n’ai pas fait sur mes 4 pages de CV !
Les gens sont très contents d’avoir de mes nouvelles : « si j’ai un truc, je pense tout de suite à toi, vous êtes la personne qu’il me faut »
MAIS.. Car oui… Il y a un MAIS
« Nous n’avons plus le budget, nous avons décidé de prendre quelqu’un de plus junior, finalement on prend 4 stagiaires pour ce poste, dommage c’est la fusion, vous savez c’est la crise, vous savez
on prend personne . Courage, je ne m'inquiète pas pour vous..Et blalalalalall"
PAR CONTRE MOI, JE M'INQUIETE POUR MOI"

Les mois passent, la patience se transforme de plus en plus en cauchemar!
Alors on décide de tout faire pour changer de voie avant de se faire anéantir par ce milieu professionnel.
o Rendez-vous APEC
o Bilan de compétences
o Entretiens ANPE
Résultats : 3 mois de perdus, pourquoi ?
o APEC Communication : votre CV est trop spécialisé
o BILAN DE COMPÉTENCES : « Vous auriez dû être assistante sociale, mademoiselle »
o Entretiens ANPE : « vous savez la communication, c’est bouché »
Juste un mot :
Merci à tous ! Car c’est toujours bon pour le moral !
Mais je fais quoi alors ?
Je ne me décourage pas, je tente de rencontrer des gens pour changer de voie, mais bien souvent on me répond : « Vous avez un super parcours, mais vous n’avez jamais fait ça »
Je dis encore un grand merci !
Alors, je continue en me disant que je n’ai de toute les manières pas le choix : je dois trouver un travail.
Certes, je pourrais faire du secrétariat !
Il m’est arrivé de ne plus avoir d’indemnités ASSEDIC : je n’avais pas réussi à faire mes heures. (507 heures sur 10 mois pour le régime des intermittents du spectacle).
Dans notre métier, c’est une éternelle répétition : soit on travaille comme des fous, soit on cherche du travail et on n’arrive pas à faire nos heures.
Je décide de transformer mon CV, je vais le déposer dans toutes les sociétés d’intérims spécialisés dans le tertiaire.
Je fais du porte-à-porte, j’arrive à déposer quelques CV que je venais de remanier :
dur, dur de transformer vos 10 ans d’expérience à des postes pour certains importants à simple assistanat sur ces mêmes postes.
Mais bon, quand il faut travailler…
Le plus dur dans cette expérience d’intérim, c’est que je ne suis même pas prise.
Explication de mes interlocuteurs :
« Nos clients cherchent des secrétaires ou assistantes avec obligatoirement un BTS de secrétariat de direction ».
Je n’en croyais pas mes oreilles : 10 ans d’expérience durant laquelle j’ai occupé des postes de direction, géré des budgets, recruté et géré des équipes, le tout avec un bac + 4 et l’on me répond
ça.
Le découragement est total !

Les mois se suivent et se ressemblent, il faut que je sorte de cette impasse.
Je commence à faire le tour des salons de l’emploi : je fais la queue à chaque stand.
Je modifie encore mon CV pour qu’il se rapproche d’un profil plus communication.
Durée d’attente en moyenne : 40 minutes.
Enfin, arrive mon tour.
Je me présente, raconte mon parcours atypique et explique mes souhaits de donner un nouvel élan à ma carrière.
Réponse pour chacun des stands :
« Vous avez un bon parcours, vous avez beaucoup de choses, pourquoi voulez-vous quitter ce domaine ?»
Vous me voyez leur répondre : « PARCE QUE J’EN AI MARRE DE L INTERMITTENCE DU SPECTACLE ET DE TOUT CES GENS QUI VOUS PROMETTENT UN POSTE, QUI VOUS FONT ATTENDRE PENDANT DES MOIS, DES MOIS ET
PUIS RETOUR A LA CASE DEPART »
Non, je ne peux pas leur répondre ça, mon discours était plutôt orienté comme ceci :
« Comme j’ai pu vous le dire, je souhaite donner un nouvel élan à ma carrière, j’ai travaillé 10 ans dans le domaine des médias, plus exactement dans la télévision, je dispose de bonnes
qualités rédactionnelles, je suis organisée et rigoureuse.
J’ai participé à de nombreux projets audiovisuels : tant dans leur développement, que dans leur commercialisation."
Je peux travailler dans l’événementiel ou dans un service de communication.
C’est juste une question de support. »
Lorsqu'on a été directrice de production d’une ou plusieurs émissions, on peut aussi être directrice de production de tout :le principe est le même : définir un produit, faire une veille
concurrentielle, faire un budget, suivre la fabrication et le suivi commercial, gérer des équipes et organiser les livraisons, les stocks et les bons de commande.Où est la différence
?
Selon moi, aucune. Les solutions s’amoindrissent, la déprime s’installe…