« Heuh, c’est normal de travailler 48 heures sur 24 à 3 euros de l’heure ? »(10)
Travailler 48 heures sur 24, c’est top, c’est la télé
!!!! Par contre ne jamais prévoir un week-end entre potes ou avec un amoureux (si vous avez le temps d’en avoir 1,vu nos horaires).
Mais rien ne s’est arrangé, j’ai même fini un soir par demander à quelqu’un qui passait dans le couloir de m’aider à porter des cassettes vierges que l’on venait de me livrer.
J’avais même pas remarqué que c ‘était un grand rappeur français.
Imaginez !
Je profite de cette anecdote pour dire que je n’ai pas choisi ce métier pour rencontrer des gens connus.
La preuve : fatiguée en pleine préparation du prime time d'une émission musicale, j’ai dérangé deux fois la productrice qui était en pleine validation : j’ai osé ouvrir par inadvertance 2 fois la
porte de la salle de montage.
Un assistant me tombe dessus pour me dire que je ne me rendais pas compte de ce que je venais de faire !!!
Les mois se suivent, je travaille comme une folle, j’ai plus de 6000 heures au compteur (quand on sait qu’il fallait à l’époque que 507 heures pour ouvrir ses droits assedic).
Un jour, j ‘étais en train de travailler, quelle idée ?
Deux hommes rentrent dans mon bureau
(style MEN IN BLACK), s’assoient et me pose une question sans même me dire bonjour « Combien vous dépensez, combien vous rapportez ? »

Moi, la tête dans mon dérushage et la préparation de mon 9ème interview de la journée, je les regarde et leur demande pardon ? Ils réitèrent :
« Combien vous dépensez, combien vous rapportez ? »
« Alors je dois fabriquer l ‘émission musicale la moins chère du monde et qui vous rapporte gros car je ne vous coûte rien... »
Et je rajoute avec ironie « Ca vous ne dérange pas vous, que je sois payée 6000 francs brut par mois déclaré cadre ? »
Ils ont dû me prendre pour une folle.
Ils m’ont remercié et je ne les ai jamais revus, mon boss non plus d’ailleurs qui a quitté le navire en pleine dérive.
J’ai su bien après que ces hommes étaient venus faire un audit pour le rachat des chaînes.
Bien que je travaillais comme une folle, je me rendais bien compte que les choses au travail prenaient une drôle de tournure : des gens démissionnaient, plus de capitaine à bord…
Ouoalalala ça ne sent pas bon.