« C’est réglo de me déclarer 3 jours si j’en travaille 20 et plus, monsieur le producteur ? »(5)

Je m’aperçois donc que je travaille tous les jours, que l’on me parle d’heures, de piges, déclarées 10 jours sur 20 jours ouvrables… Bref, je suis embrouillée.
Je comprends très vite, que tout ça est un peu louche : déclarer 10 jours par mois au lieu du mois entier, que l’on me parle que je peux avoir un complément ASSEDIC pour combler mon salaire
mensuel.
Ma conclusion : en gros mon employeur me fait travailler comme une folle mais me déclare comme si je travaillais à mi-temps et ce sont les ASSEDIC qui complètent mon salaire… Il peut me virer du
jour au lendemain puisque je suis à la pige !
C’est normal qu’à la fin du mois j’ai parfois 20 fiches de paies ?
Je me retourne, j’interroge mon entourage professionnel et tout le monde me chante la même chanson… Bah ouais, welcome à la télé !
Je décide de ne pas rentrer dans ce jeu et revendique le fait que je suis là tous les jours et que je dois être payée tous les jours, sinon ce n’est pas honnête, mon employeur ne s’appelle pas les
ASSEDIC !!!
Vous comprendrez très vite, que mon salaire ne soit pas très élevé avec cette naïveté.
Les mois passent, je m’ennuie dans cette fonction de coordinatrice de production, alors j’apprends qu’un chargé de production souhaite quitter ses fonctions et je me rapproche de celle qui sera mon
premier bourreau professionnel : une soi-disant rédactrice en chef, journaliste.

Je lui parle de mes envies professionnelles : ni une ni deux, je me retrouve au poste de chargée de production.
Je récupère l’émission phare de la chaîne qui est diffusée dans plus de 50 pays !
Mon bureau se trouve au 5 ème étage dans un bel immeuble : le plus génial, c’est que chaque bureau correspond à un continent :
L’Afrique avec de la musique afro toute la journée, l’Inde : encens et un indien en prime, l’Europe de l’Est et l’Afrique du Nord.
Le monde réunit dans un même lieu : c’est incroyable.
Je commence à travailler, je rentre en contact avec les maisons de disques et côtoie les chefs de produits des différents artistes.
Si le milieu de la télévision est un milieu à part, la musique est pas mal non plus dans son genre.
Le nirvana des paillettes : c’est de travailler sur une chaîne musicale : c’est le meilleur endroit pour croiser des EGOS SURDIMMENSIONNES.
Les chefs de produits vous traitent comme des moins que rien, vous vous battez pour faire la promotion de leurs artistes, mais ça ne leur suffit pas. Certains artistes, les moins connus se prennent
pour des rocks stars et les vraies stars sont adorables, mais leur agent !Oh my God !
Je commence à découvrir l’antenne et m’aperçois que je peux mettre en place plein de programmes spéciaux : des soirées et des journées à thèmes. Je me régale.
Une liberté de travail que je n’ai jamais retrouvée.