Ma toutoute…Première fois (2)




Ça remonte en 1998, où j’ai décroché mon premier stage dans une société de production audiovisuelle à Boulogne Billancourt : le Hollywood à la Française!
Tout le monde court partout en se parlant dans une langue qui m’est totalement inconnue : « Elles sont où les BETAS ? la feuille de route est prête ? tu prévois un grand angle ? il est à quelle heure le PAT ? le DERUSH et la DIGIT sont prévus pour quand ? »
« Wouahhhhh, c’est top ». Je me promène dans les couloirs, je vois des moniteurs partout, des k7 bleues, des K7 noires, des grandes, des petites….C’est ma première heure de ma première journée du reste de ma carrière.
Alors ma fonction sera :
o    Rangement  des K7 dans la  bandothèque (normal, on l’a tous fait).
o    Passer des fax, (les mails n’étaient pas encore super à la mode).
o    Faire des cafés.
o     Aller chercher du matériel qui a l’époque était assez envahissant et  faire plein de photocopies !
Je  faisais 10 choses en même temps… Les prémices de ma vie professionnelle future.

J’allais voir tout le monde en leur demandant : « Quelles sont tes fonctions ? Tu as fait quoi comme études ? C’est quoi tous ces boutons ? »
Ils étaient tous adorables, prenaient le temps de m’apprendre tout ce qu’ils savaient.
Moi, toujours le sourire aux lèvres et le dynamisme comme mot d’ordre, je finissais par courir autant qu’eux.
Ce stage était à plus de 1h30 de chez moi, combien de fois, j’ai dormi sur place car je voyais de grosses machines arrivées le soir : la grande époque où les sociétés de productions ont investi dans le nouveau logiciel de montage : L’AVID.
QUESAKO ? Au début, je n’aurais rien pu vous dire, mais c’était incroyable ! J’assistais à mes premières heures de montage.
Je ne comprenais rien aux conversations échangées entre le monteur et le journaliste, mais j’étais fascinée de voir et tentée de comprendre comment on montait un sujet : la TIME LINE, les sonores, les illustrations et les effets, j’en prenais plein la vue.

Le plus sympathique ?

C’étaient les pots du vendredi soir : toute-bonne société de production qui se respecte organise un petit pot le vendredi soir. Normal ! Après 80 heures de travail par semaine.



Et voilà, tous les matins, je courrais prendre mon train pour arriver avant tout le monde à la boîte de production pour ranger mes fameuses cassettes, faire le café, passer les FAX afin que je puisse prendre du temps pour continuer d’assister au montage, puis assister aux enregistrements sur le petit plateau qui se trouvait au sous-sol.

C’était une expérience  fabuleuse, mais où déjà je prenais conscience de l’investissement personnel de tous les gens qui y travaillaient.

C’est simple, tout le monde arrivait vers 10h, 10h30 mais ne partait jamais avant 22h voir 3h du matin.
Mais comment faisaient-ils ? Ils dormaient 3 heures par nuit ?
D’après ma petite enquête, la plupart étaient célibataires (avec des horaires pareilles, ce n’est pas étonnant).

À la fin de mon stage qui aura duré 1 mois, j’ai pu déjà me faire une idée de ce qu’était le monde de la télévision :
1° Des gens passionnés
2° Des gens adorables
3° Des gens qui aiment  faire la fête
4° Des gens qui passent la plupart de leur temps au travail.
5° Des gens souvent célibataires et donc par conséquent qui sortent souvent ensemble… Logique quand on passe 20 heures sur 24 au travail.
6° Je suis contente, toujours partante pour continuer dans cette voie.

Je rentre donc en licence à la fac et comme je ne sais pas encore ce que je veux faire comme métier, je lance des candidatures pour faire des stages dans la production audiovisuelle : au moins je pourrais voir tous les corps de métiers et faire mon choix.




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