Je suis une Desperate sous anxiolytiques (17)
Quand vous contastez qu'il n'y a pas:
o De reconnaissance
o De respect de notre travail
Ou
o On vous promet des postes ou des émissions qui n’arriveront jamais !
o Vous travaillez parfois gratuitement car au bout du fil, on vous assure que ça va être vendu et que vous ferez partie de l’équipe permanente.
Alors,
o On se remet en cause
o On est dans une spirale infernale : si tu ne veux plus de l’intermittence, c’est l’intermittence qui vient à toi !
Et oubliez votre vie privée : si vous sortez avec un intermittent (90% du temps), forcément vous passez toute votre vie au boulot, c’est horrible,
pourquoi ?
Analyse simple, mais radicale!
o Quand vous travaillez, il ne travaille pas et déprime.
o Quand il travaille, vous ne travaillez pas, donc vous déprimez.
o Quand vous travaillez sur Paris, il est en province ou à l’étranger.
o Quand vous êtes en province ou à l’étranger, il est à Paris.

L’intermittence est PARTOUUUUUUUUUT
Vous pouvez être appelé d’une heure à l’autre donc :
oubliez les week end en amoureux, vous pouvez décaler 20 fois vos rendez-vous persos ou médicaux… C’est le meilleur remède pour lutter contre la routine :devenez intermittent !
Avec les potes qui ne travaillent pas, ça devient des réunions de dépressifs anonymes !
Vous déprimez au téléphone avec tous vos amis intermittents qui galèrent, les psys devraient se spécialiser dans les cas d’intermittents du spectacle chroniques car on travaille, on
travaille, vous l’aurez compris mais, lorsque l’on ne travaille pas c’est l’horreur vous passez de 400 km/ heure à 0, voir l’impression d’être en marche arrière.
Lorsque vous appelez un pote intermittent ça donne ça :
« Salut, ça va?, t’en est où ? t’as tes heures ? Le moral est bon ? Accroche-toi ? Tu vas y arriver ! »
Vous raccrochez et vous avez les boules.
Désespérée, j’ai même fait appel à un COACH pour revoir ma manière de me présenter lors de mes entretiens : j’avais l’impression durant mes centaines de rendez-vous que je finissais par me
vendre comme un perroquet.
Cette expérience coûteuse m’a permis de me recentrer, de prendre conscience que si je n’avais pas encore décroché le contrat de mes rêves, ça ne voulait pas dire que je ne n’avais pas réussi dans
ma voie.

Bien au contraire, ma coach me faisait comprendre l’énorme pression que je me mettais.
Il est vrai que lorsque je passais un entretien, je me disais: « Il faut que ça marche, si je décroche ce contrat, c’est enfin ma réussite, je ne peux pas rater cet entretien »
Alors, bien souvent pour le recruteur, je devais par le non-verbal lui montrer la pression que je me mettais !
Je trouve que c’est une explication, mais ma motivation première, c’est bien de vouloir travailler.
C’est logique, non?
Alors ma coach me dit que je ne dois pas montrer que je suis autant en demande.
Je suis d’accord avec elle, mais lorsque votre activité 24 sur 24, c’est de chercher du travail, une issue pour enfin avoir l’impression de démarrer une vie, pas facile de la jouer ZEN
ATTITUDE.

Les questions qui subsistent sont bien sûr : le pourquoi de ces entretiens qui ne
fonctionnent pas.
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La malchance m’a longtemps poursuivie.
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Je me suis remise en cause en me disant que je n’étais pas compétente.
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Je dis cela car on entend souvent : « Si tu passes un entretien avec une personne et qu’elle veut travailler avec toi, elle fera tout pour le faire
».
Alors, pourquoi ça ne marche pas.
Il faut arrêter de se mettre la pression !
Alors on continue et parfois on baisse les bras mais vous êtes toujours rattrapé par votre entourage amical et professionnel : « Tu as des supers idées, des supers compétences, ne laisse pas
tout tomber, tu es une créative... Ça va marcher »
J’avais même pensé à me payer une page entière dans un gros quotidien et réaliser une photo de moi nue, de dos,avec mon CV écrit sur mon dos et avec comme titre « Il ne me reste plus qu’à me mettre
à nue ! »
Trop cher !
Dommage, j’aimais bien l’idée !